Scole di walon Lucien SOMME     NAMUR

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Une grande pointure de la littérature dialectale s’en est allée.

Nos lî v’lans rinde bon d’vwêr tot paurtichant avou vos-ôtes

saquantes di sès powésîyes

èt

saquants pinséyes da nos-ôtes.

Lucien Somme qui avait vu le jour à Saint-Aubin le 29 avril 1932 est décédé à Namur le 27 mars 2012 des suites de ce que l’on appelle pudiquement « une longue et pénible maladie ».


D’un point de vue humain, Lucien Somme était la bonté même. Généreux, sensible, travailleur, il avait le goût du beau et du travail bien fait. Arrivé au sommet de son art, il était devenu très exigeant sur la qualité des écrits wallons, ce qui ne lui valut pas, alors, que des amis.


Son parcours wallon, il l’entame en accompagnant sa maman sollicitée un peu partout pour chanter lors de réunions familiales. Lucien qui adorait sa mère aurait voulu chanter avec elle. Ce qu’il n’a pas pu faire bien longtemps, ayant perdu sa voix à la puberté. S’on n’ sét passer d’astampé, on s’ racrampîyerè... Doté d’un sens aigu de l’humour, doué pour rédiger des poésies, il se mit alors à adapter des fables de La Fontaine pour faire rire l’assemblée (Li cwârbau èt li r’naud).


Après le décès de sa maman en 1951, Lucien s’abonne au Bourdon pour parfaire sa connaissance de l’orthographe et continue, lors de réunions familiales à amuser, par ses adaptations, les convives (Li Gripe asiyatique, Vîve li Mâriéye…). C’est lors d’une de ces séances qu’il est remarqué par un ami de Lucien Léonard, alors Vice-président du cercle littéraire « Lès Rèlîs Namurwès ». Ce dernier lui demande d’écrire quelques textes pour en connaître la valeur. Lucien a tout de suite été invité à faire partie des Rèlîs. C’était en 1964. La règle est, à ce moment, de présenter à chaque séance des écrits. Ce n’est en rien une contrainte pour ce poète dans l’âme. Et Lucien écrit. Beaucoup.


Poussé sans doute par Lucien Léonard et d’autres Rèlîs, il présente ses poésies pour le concours du Journal Vers l’Avenir en 1965. Il en fut le lauréat.

Premier concours et déjà premier prix !

Encouragé, il fait éditer plusieurs recueils de poésies. En 1965, Paus-ès pîsintes  lui vaudra le prix des Critiques, Renaudot dialectal de Liège.

Vîye di djint recueille le prix biennal de littérature wallonne de la Ville de Liège en 1967, année qui lui verra aussi décerner le Prix Paul Moureau pour ses poésies.

Rifrin d’avaurla, recueil de poésies (inédit) a obtenu le 2ème prix Jules Sottiaux à Châtelet, toujours en 1967.

Tûzadjes à malvau, recueil (inédit) de poésies a été couronné du 1er prix de poésie au Concours du 60ème anniversaire de l’Association Royale de Littérature Wallonne de Charleroi en 1968 et le 1er prix de poésie au Concours des Walons Scrîjeûs d’après l’ Banbwès, en 1972.

Li cia qui d’mère, recueil (inédit) en prose lui a valu le 1er prix de prose au Concours des Romans Scrîjeûs à Wavre, en 1973.

Vî Payis, recueil de poésies  a reçu le prix Michaux en 1974.

Restons dans le domaine des ouvrages primés pour citer encore le 1er prix au concours Joseph Durbuy de la Ville de Huy en 2004 pour son roman Li dêrin dès Catîs.

Il a encore écrit d’autres recueils restés inédits : Novia Batemint, un poème de 358 vers ; Nos-ôtes, lès-èfants, des poèmes pour enfants ; L’ovrî d’awous’, une nouvelle en prose.

Nombre d’autres poésies sont parues dans les Cahiers Wallons dont un recueil entier : Blaméyes.


Lucien Somme était passé maître dans la traduction ou l’adaptation de textes, de poésies, de chansons ou de pièces de théâtre. Citons entre autres Po tchanter sès pâtêrs, adaptation de chants religieux, Psaumes, le Cantique des Cantiques, Tchantans Noyé, une cinquantaine d’évangiles dont certains sont parus dans les Cahiers Wallons et dans la rubrique Chîjes èt Pasquéyes du Journal Vers l’Avenir dont il reprit la rédaction après le décès de Lucien Léonard. Je passe sous silence les adaptations de pièces théâtre de divers auteurs français ou wallons.


Il est lui-même auteur de trois pièces : E bin qwè, Anjèle !, un monologue d’une trentaine de minutes, réflexions d’un homme seul qui attend l’élue de son cœur ; Tot ç’ qu’i faut ètinde, et www-save-o-net, comédies en 3 actes, créées à Ligny.


Excellent pédagogue, il a secondé Lucien Léonard, alors Président du Cercle littéraire « Lès Rèlîs Namurwès » dans la mise sur pied d’une école de wallon, fin des années 70. Des Rèlîs Namurwès, il en est devenu le président en 1989 jusqu’au moment où il remit sa démission en 2006, déçu par le changement des mentalités par rapport à ce qu’il avait connu. Il a également donné cours à des enfants dans plusieurs écoles de l’enseignement fondamental dans les années 90, après sa pension.

Depuis 2007, il a repris la présidence de l’Ecole de wallon à Namur... et en suivre les cours du troisième module jusqu’en avril 2011, date à laquelle la maladie l’a forcé à lâcher prise.


Signalons encore qu’il a reçu le Coq de cristal de l’Union Culturelle Wallonne à Liège en 1993 pour un travail journalistique.


Il fut membre de diverses commissions de ladite Union Culturelle et membre du CIWEN (Centre d’Information pour le Wallon à l’Ecole en province de Namur) et fut bien sûr notre confrère, depuis 1983.


Je m’en voudrais d’omettre sa participation à divers cabarets wallons avec son ami André Henin.


Lucien Somme, c’était un poète avant tout. Cela ne l’a cependant pas empêché d’éditer 10 romans dont le premier paru en 2001 et le dernier en 2010. Il en reste encore 4 dans ses tiroirs, dont deux entièrement terminés. Espérons les voir un jour édités.


Il me reste à citer le Lîve di mots d’après Nameur èt avaurla, paru en 1997, premier dictionnaire wallon-français après celui de Léon Pirsoul datant de 1934.


Peu d’hommes, peu d’écrivains peuvent se targuer d’une vie aussi bien remplie au service de la langue dialectale wallonne. Signalons qu’à ce titre, il a été élu Citoyen d’honneur de la Ville de Gembloux en 2003.


Discret, effacé, d’une bonté extraordinaire, cet homme aurait sans doute mérité une notoriété plus grande.




Maîsse,

Vo-nos-ci ôrfulins, bin maugré vos.

Come à vosse boune abutude, vos ‘nn’avoz ‘nn’alé  sins brût, sins v’lu disrindjî pèrson.ne, tot doûs, tot doûs.

Maîsse, vos l’èstîz po tot. Po l’ walon, bin sûr, mins èto po l’ maniére di vos fé tot p’tit, po l’ bèsogne qui vos n’ lachîz jamaîs d’ fé, po lès « oyi » qu’ vos rèspondîz sins manque quand on vos d’mandeut one saqwè.

Nos sayerans d’yèsse dès bons-èlèves, nos sayerans d’ chûre vos lèçons, mins nos savans d’dja bin qu’ nos n’î avinderans nin. Adon, di d’ vosse payis, quand nos frans one bièstrîye, si vos nos vôrîz bin fé on p’tit sine po nos r’mète su l’ boune vôye, là, po nos-ôtes chûre voste ègzimpe…



Ch. Denis